Petit best of des discours de Ségolène Royal à l'étranger ces 6 derniers mois :
Discours de Dakar
"Oui, je veux devant vous porter une parole de respect, de fraternité et de justice, celle qu’aurait dû porter
le G20 en associant davantage l’Afrique dans son ensemble. Au delà des avancées positives qu’il faut saluer et qui viennent poser d'autres règles du jeu, pourquoi l'Afrique ne s'y trouve-t-elle
pas ? Pourquoi avoir écarté un milliard d’habitants et 1/3 des ressources naturelles de la planète? Ce n'est ni juste ni efficace. Tout comme n'est ni juste ni efficace l'absence de ce continent
au sein du Conseil de sécurité des Nations unies ou encore sa sous-représentation dans les conseils du FMI et de la Banque mondiale. L’Afrique doit enfin avoir toute sa place dans les instances
internationales car nous avons besoin d’elle, de sa vision, de ses talents, de sa faculté de don, de ses idées."
"Honneur aux historiens de l’Afrique qui ont rappelé au monde l’existence des grands royaumes et des grands empires de l’Afrique. Honneur aux historiens de l’Afrique qui ont retracé les mille et
une relations nouées bien avant la conquête, en des temps où le Sahara, la Méditerranée et l’Océan Indien n’étaient pas des frontières mais des points de passage et de mise en
contact.
Quelqu'un est venu ici vous dire que « l’Homme africain n'est pas entré dans l'Histoire ».
Pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et qui n’engagent pas la France. Car vous aussi, vous avez fait l’histoire, vous l’avez faite bien avant la colonisation, vous l’avez faite pendant, et vous la faites depuis.
Et ce que Léopold Sedar Senghor et Aimé Césaire ont magistralement accompli avec le concept « négritude » ,
vous l’avez poursuivi avec le mot « Afrique », cet étendard d’une dignité reconquise."
Discours d'Athènes
Discours devant l'IS au Monténégro
"Et chaque fois que, dans l’Histoire, les socialistes et les générations qui nous ont précédés ont traversé un
« moment crucial », ils retrouvèrent tout leur rôle, toute leur place. C’est là qu’ils doivent assumer toutes leurs missions, et qu’ils doivent se faire entendre du reste du monde. Car les crises
d’aujourd’hui sont multiples. Elles sont considérables.
Il y a d’abord une crise environnementale. Victor l’a dit à l’instant : une crise environnementale sans précédent qui peut détruire notre planète et qui, déjà, aujourd’hui – on en parle trop peu – tue des dizaines de milliers de personnes à travers le monde. Je veux parler des migrations, des migrations massives de populations dans les pays les plus pauvres, qui fuient la sécheresse, qui fuient la pauvreté et qui meurent sur ces routes des migrations.
Il y a la crise financière et bancaire bien sûr, d’une ampleur inouïe. Nous n’en avons pas encore subi toutes les conséquences. Il faut avoir le courage de le dire : nous ne sortirons pas de la crise dans le système actuel.
Il y a la crise énergétique, sans doute la première de cette ampleur depuis le début de l’ère industrielle, parce qu’elle nous oblige à repenser nos modes de production et nos modes de consommation.
Il y a la crise alimentaire enfin, avec ces émeutes de la faim dans les pays les plus pauvres, très peu
couvertes d’ailleurs par les médias du monde : comme si elles étaient devenues finalement une banalité."
"La simultanéité de ces crises n’est pas un accident de l’histoire. Pourquoi toutes ces crises adviennent-elles en même temps ? C’est parce qu’il y a une crise de civilisation, parce qu’il
y a une crise d’humanité. La civilisation humaine est malade aujourd’hui. Une civilisation qui est incapable de faire prévaloir, sur les intérêts des puissants, les intérêts de notre maison
commune, la Terre, est bien une civilisation malade. Une civilisation qui est incapable de faire prévaloir, sur les intérêts des transnationales bancaires et financières, les intérêts
fondamentaux du genre humain et de chaque personne humaine, est bien une civilisation malade. Une civilisation qui laisse mourir, au milieu d’un océan de richesses, des centaines de milliers de
femmes et d’hommes, est bien une civilisation malade. Et qui d’autre que les socialistes, qui se sont toujours battus et qui se battent encore aujourd’hui pour remettre la personne humaine au
cœur de toutes les décisions, l’humain au cœur de tous nos objectifs, qui d’autre que les socialistes peuvent peser pour faire en sorte que nous puissions sortir de cette crise de civilisation
?
C’est dire l’importance du combat des socialistes qui veulent que la finance soit mise au service de
l’économie, et non au service d’elle-même, et l’économie au service des travailleurs, et non au service d’elle-même."
Discours devant l'IS à
l'ONU
"J’étais à Rio en 1992 comme ministre de l’environnement de la France.
Je suis à New-York en 2009.
17 ans. 17 longues années.
Et un sentiment qui gronde dans le cœur et l’âme des peuples du monde, un sentiment qui emporte tout, un sentiment que nous connaissons bien, nous, progressistes, parce qu’il est au principe de notre engagement : la colère. Tout a déjà été dit. Depuis longtemps. Depuis trop longtemps. Trop de mots. Trop de déclarations sans effets. La valeur des engagements s’est émoussée, la valeur des serments s’est érodée. Les beaux discours sur les tribunes. Les effets de manche. « Notre planète brûle et nous la regardons brûler » ; « nous révolutionnerons le capitalisme financier ». Et derrière, la petitesse et la rouerie, et tout le monde qui se regarde en chien de faïence, et tout le monde qui regarde son voisin pour savoir s’il ne sera pas mieux traité.
Le bal des hypocrites.
Le bal des cyniques.
Le bal de ceux qui ne comprennent pas que le temps est venu.
Le bal de ceux qui ne voient pas que les peuples sont fatigués des simagrées des puissants.
Alors j’aimerais devant vous ne prononcer qu’un verbe.
Un verbe venu du tréfonds de notre conscience. Un verbe élémentaire. Un verbe clair et sonore, ardent. Un verbe
pour redonner du courage aux millions de réfugiés climatiques. Un verbe pour dire aux centaines de millions de victimes de la crise financière : « vos vies valent plus que leurs profits » Ce
verbe, c’est le verbe « agir »."
Discours de Berlin
"Il y a, dans la chute du Mur de Berlin, l’une des plus belles leçons qui soient. Quelles que soient les
circonstances, quelles que soient les rôles plus ou moins avérés des dirigeants soviétiques, américains, allemands, français ou britanniques, il n’y a, au-delà du ballet diplomatique souterrain,
au-delà des déclarations publiques, qu’une seule vérité : rien ne peut résister à la force d’un peuple en marche. Aucune dictature, aucun système totalitaire, aucune démocratie dévoyée, ne
peut résister à l’élan d’un peuple qui décide, un jour, de dire « NON ».
Tous les régimes pervers s’écroulent grâce à la force et au courage des citoyens.
Tous les régimes démocratiques s’élèvent grâce à la force et au courage des citoyens."
"Oui, le mur de Berlin est tombé, ce mur qui balafrait l’Allemagne depuis Aout 1961.
Mais d’autres murs ont été érigés.
Le mur de plus de 700 kms de long entre Israël et la Palestine, la barrière électrifiée qui sépare depuis 1953 les deux Corées, celle que l’Inde a érigé à sa frontière avec le Bangladesh, le mur qui sépare les États-Unis du Mexique, le mur de Chypre.
Il existe sur cette planète des dizaines de murs, physiques mais aussi socio-économiques, construits pour se protéger de l’autre, l’enfermer, l’encercler, le maintenir dans un ghetto, l’empêcher de se déplacer.
Ces murs tomberont un jour comme est tombé le Mur de Berlin, par la force des peuples.
Mais ces murs ne sont rien comparés aux barrières infranchissables qui enferment nos décisions. Il est plus
facile de faire tomber les barricades que les barrières mentales. Des murs physiques existent mais nous savons également que des murs d'idéologies détournées enferment également le monde : le
fanatisme terroriste qui instrumentalise la religion, le fanatisme économique et l'inertie écologique mènent également le monde à sa perte."
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Si après ça, certains pensent encore que c'est une cruche...
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