Quand on fait "débattre" entre eux une bande d'autistes récidivistes qui nous occupent
depuis des années, ça vole généralement assez bas. Comme prévu, le Conseil national du Parti socialiste n'a pas dérogé à la règle. A force de nous présenter du réchauffé, nos dirigeants
risquent de cramer la casserole... .
Bien sûr, comme tout débat, cela commence avec quelques éclairs de lucidité. Ainsi, Martine Aubry a déclaré que "nos
pratiques internes sont complètement à revoir". Elle en sait quelque chose, vu la manière dont sa nomination son élection démocratique s'est
déroulée. . Ensuite, et c'est là que ça devient -presque- intéressant, la première secrétaire est revenue sur la défaite de la gauche en Europe avec un constat époustouflant : "la sociale
démocratie a perdu ses valeurs". Boulversifiant. On se souvient de paroles de Ségolène Royal, avant le congrès, qui déclarait que "la sociale démocratie [était] un modèle périmé". On se rappelle surtout à quel point
ça avait couiné, à l'époque, au sein du PS. Ils nous avaient tous juré, la main sur le coeur, qu'ils resteraient fidèles à la sociale démocratie jusqu'à ce que la mort les sépare... Dommage qu'il
ai fallu une telle branléetolle défaite pour leur faire ouvrir les yeux. . Le Conseil national se poursuit avec l'ouverture des débats. Tout le monde prend la parole pour y aller de son couplet perso. Vincent Peillon déclare avec courage, lucidité et
audace que le PS est victime des autres partis de gauche qui se sont attaqués à l'institution socialiste. "L'institution socialiste". Rien que ça. Vient ensuite Harlem Désir, Monsieur 14%,
qui intervient pour nous parler des alliances. Ah. C'est vrai, les régionales approchent, il va falloir faire gaffe.... Et là, c'est le drame. C'est reparti comme en 40 : "Pas d'alliance avec
le centre !". Bayrou et ses 8% était bien le cadet de nos soucis aujourd'hui. Du rechauffé, je vous dis. On s'enlise dans les débats inutiles avec un autisme poussé à l'extrème. . Mais voilà qu'on nous présente les propositions de la première secrétaire. Attention, grands bouleversements en vue. Martine Aubry souhaite un Secrétariat national reserré à une
quinzaine de membres. Oui, d'accord, c'était déjà ce qu'elle voulait après le congrès de Reims et sa direction est rapidement passée de 20 à 40 puis 80 membres... Elle va nous occuper encore
longtemps avec ce genre d'idées brillantes ? Bien sûr, bien sûr, il ne faut pas oublier le principal : le SN se réunira plus souvent. C'est ça, la rénovation ! . Deuxième révolution, qui reprend un peu la proposition de Pierre Moscovici de créer une commission des éléphants pour prendre l'apéro et les petits fours aux frais du parti
("Il est, me semble-t-il, indispensable que les principales figures du Parti dans leur diversité –
Ségolène Royal, Laurent Fabius, Henri Emmanuelli, François Hollande, Bertrand Delanoë, moi-même (NdlA : modeste) et quelques autres, issus de la génération des éternels « quadras » - disposent d'un
lieu pour débattre des grandes orientations politiques", dit-il sur son blog) : la première secrétaire souhaite que les "grands parents" (sic) soient consultés régulièrement. .
Qu'est-ce que c'est que cette nouveauté ? Qu'entend-t-elle par "grands parents" ? Parle-t-elle de Jospin, Rocard, Mauroy ? Ou bien de ceux qui faisaient parti des anciens gouvernements socialistes
? Dans le deuxième cas, elle peut s'inclure, donc je ne peux pas croire que ce soit cela (mais faut croire que si)... Dans le premier, ça me parait assez loin de l'idée que je me
faisais de la rénovation. De toute façon, Sarkozy a déjà payé à Rocard un aller simple pour partir discuter avec les pingouins. . Reste deux ou trois belles avancées (qui seraient normales dans n'importe quel parti, mais pour le PS, il faut toujours se contenter de peu et s'émerveiller de tout) : la tenue d'une grande convention avant la fin de l'année
(vous savez, le truc obligatoire inscrit dans les statuts, mais qu'on ne fait jamais), et la réunion des présidents de région pour commencer dès aujourd'hui les régionales de
2010. C'est vrai qu'il va peut-être falloir faire vraiment campagne cette fois.