Triste image de la politique hier soir sur France 2. L'émission politique "A vous de juger" qui
consacrait son premier et son dernier débat sur les élections européennes a offert un spectacle qui ne sera probablement pas sans conséquence. . Première victime collatérale : Arlette Chabot et le service public .
Jean Luc Mélenchon a eu raison de souligner, sur Canal+, que le service public s'était couvert de honte. Un débat mal organisé, laissant apparaitre une hiérarchie entre les partis, une Arlette
Chabot complètement dépassée, que ce soit par les prises à partie de Mélenchon ou par la cacophonie ambiante, et un brouhaha insupportable... Voilà le sort qui a été réservé à l'un des rares débats
télévisés de cette campagne européenne. .
Dès les premières minutes, un échange vif mais convenu a commencé entre Martine Aubry et Xavier Bertrand. Mlaheureusement, le format de l'émission a obligé Arlette Chabot à les faire taire pour se
retourner vers la seconde table, composée de Bayrou et Cohn-Bendit... Au final, toute l'émission a subi le problème du format. Les uns coupés par les autres, Mélenchon ralant sur cette idée de
vouloir créer un faux duel Parti de gauche/NPA et finissant par envoyer Chabot "au diable", Marine Le Pen vociférant sur Xavier Bertrand ou Olivier Besancenot qui se trouvaient sur la table d'en
face... et Arlette Chabot au milieu, complétement perdue, ne savant plus quoi faire pour calmer le jeu, mis à part donner des bons points au leader du NPA qui se tenait sagement dans son coin,
élevant juste la voix pour dire que Marine Le Pen lui donnait envie de partir en manif. .
Deuxième victime collatérale : Xavier Bertrand .
Coincé entre les partis d'extrème droite anti européens et les partis de gauche anti-sarkozystes, Xavier Bertrand n'en menait pas large. Mais sa mauvaise foi légendaire lui a permis de garder la
tête haute comme personne. Accusé à tour de rôle de mensonges par Aubry, Cohn-Bendit, Le Pen et Besancenot, le gentil Bertrand a continué sur sa ligne du "non, c'est faux, j'ai raison"... Dommage
pour lui qu'il se soit fait rire au nez plusieurs fois par l'ensemble des 7 autres représentants de partis, déclenchant même des applaudissements moqueurs, notamment lorsqu'il évoqua la Turquie
("Regardez, est-ce que la Turquie est dans l'Europe ?") ou encore en déclarant vouloir préserver "le modèle social français" (que le gouvernement sarko-fillon ne cesse de mettre en péril)... .
Troisième victime collatérale : François Bayrou .
Dans un débat ridicule comme celui-ci, il en faut toujours un pour l'être plus que les autres. Ce fut le cas de François Bayrou qui nous a prouvé que ni lui, ni son parti dont il est la seule
figure de proue, ne sont dignes d'avoir un avenir présidentiel. .
Ressortir une polémique sans lien avec l'Europe ne l'a malheureusement pas grandi. Parait-il que c'était calculé... c'est bien triste. La phrase de Cohn Bendit, prononcée juste avant la sortie de
Bayrou : "Tu ne seras jamais président, t'es bien trop minable" résume parfaitement le comportement du leader centriste. .
Reste à voir ce qu'en penseront les Français dimanche dans les urnes.