Après l'annonce de la démission du chef d'état-major de l'armée
de terre, Ségolène Royal a demandé mardi à Nicolas Sarkozy "de se calmer" sur les questions de défense.
Le général Bruno Cuche a présenté sa démission deux jours après la fusillade qui a fait 17 blessés dimanche dans une caserne de Carcassonne, lors d'une journée portes ouvertes. Son départ "traduit
une grave tension entre le pouvoir exécutif et les grands serviteurs de l'armée que sont les plus hauts responsables militaires", estime l'ancienne candidate socialiste à l'Elysée dans un
communiqué. "Il conviendrait que le président de la République cesse d'improviser dans le domaine de la politique de défense", poursuit-elle.
Selon Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy "accumule des décisions contradictoires entre la réintégration de l'Otan, le Livre blanc qui conduit à des décisions de déménagement du territoire sans
consultation des élus locaux ou la suppression vexatoire des officiers généraux de la promotion de la Légion d'honneur du 14 juillet, alors que les amis du monde des affaires de Nicolas Sarkozy
sont abondamment distingués par cette décoration".
La présidente du Poitou-Charentes n'est pas la seule à critiquer Sarkozy quant à sa politique de défense. Dans un communiqué distinct, Jean-Marc Ayrault demande la suspension du processus lancé par
le Livre blanc "non préparé, non concerté, non financé". Le président du groupe socialiste à l'Assemblée salue la décision du général Cuche qui a "agi en chef responsable" et rappelle qu'il avait
"courageusement émis des réserves" sur les propositions contenues dans le Livre blanc. "Au-delà de la tragédie de Carcassonne, je déplore l'atmosphère de chasse aux sorcières que fait régner le
Président de la République au sein du ministère de la Défense", ajoute le député-maire de Nantes.
Sur RTL, l'ancien ministre socialiste de la Défense Paul Quilès dénonce des jugements présidentiels "à l'emporte-pièce que l'on formule en jetant en quelque sorte l'opprobre sur l'ensemble des
militaires".