
PS:
Royal passe à la vitesse supérieure
Ségolène Royal et Bertrand Delanoë se marquent à la culotte dans la préparation du congrès du PS. Une semaine après la publication du texte du maire de Paris, la présidente de la région Poitou-Charentes a présenté mercredi une première synthèse de sa consultation participative lancée début avril.
La finaliste de l'élection présidentielle de 2007 entend gagner sur ses idées, sans compromis avec ses rivaux.
Ségolène Royal accélère le tempo à un mois du dépôt des contributions pour le congrès du PS, qui se tiendra du 7 au 9 novembre à
Reims. Fidèle à sa méthode de démocratie participative, elle a dévoilé à la presse la première synthèse des contributions déposées par les militants sur son site Internet, qui fera l'objet d'un
"atelier citoyen" vendredi soir à Paris.
Mardi prochain, Mme Royal entamera en Lorraine une tournée des fédérations à raison d'un déplacement par semaine. Elle a par ailleurs annoncé pour la fin juin la parution d'un livre de dialogue
avec le sociologue Alain Touraine.
Lors de son point presse, Ségolène Royal a levé un coin du voile sur sa stratégie. Les 1.600 messages recueillis sur le site http://www.congresutileetserein.com montrent selon elle le "grand
désarroi" des militants et la nécessité de "reconstruire le discours socialiste". Un an après l'élection de Nicolas Sarkozy, dont elle dénonce "l'échec", "il faut reconstruire des bases
théoriques, idéologiques, mais aussi des raisons de croire à nouveau à un avenir", a-t-elle expliqué.
Ségolène Royal a affiché son ambition de changer le fonctionnement du PS pour en faire un parti de masse. "Il y a un fossé entre 130.000 militants et 15 millions d'électeurs", a-t-elle lâché,
pas tendre pour son ex-compagnon François Hollande. "On est un peu comme avant Epinay, il faut imposer des formes nouvelles d'attractivité".
Pour y parvenir, Mme Royal entend reprendre dans sa contribution, limitée aux grandes thématiques, les innovations idéologiques de son projet présidentiel, même si elles passent toujours aussi
mal au PS. Les thèmes de l'identité française, de l'ordre juste et l'alliance avec le centre figureront dans le texte.
Elle y ajoutera des thématiques qui, selon elle, montent dans la société française, un an après l'élection de Nicolas Sarkozy, comme l'accès aux biens de base tels que l'éducation ou la santé,
promettant des réponses "iconoclastes".
En revanche, le SMIC à 1.500 euros et les 35 heures pour tous, deux propositions imposées par le PS à sa candidate, ne seront pas repris dans sa contribution. "Si je ne crois pas à quelque
chose, je ne le dirai pas", a-t-elle prévenu.
"Dans ce congrès, j'ai l'intention de parler aux militants comme je parle aux Français", a expliqué Mme Royal, en affichant son refus de la "tactique", des "recettes", du "vocabulaire obligé"
des congrès ("j'aime le Parti socialiste") et du "double langage".
Pas question non plus de publier la liste de ses soutiens. Une pique à son rival Bertrand Delanoë, qui a rendu public mardi dernier un texte "pour un grand congrès socialiste", et réunira ses
partisans le 24 mai à Paris.
Ségolène Royal entend refaire le coup de la primaire de 2006, quand elle avait été désignée par 60% des militants. "Je pars dans le congrès pour être majoritaire", a-t-elle prévenu. Bravache,
elle a exclu par avance toute synthèse avec ses concurrents, malgré les conseils pressants de certains de ses "amis". "La politique, c'est s'engager et poursuivre son combat assis sur son
cheval et pas en se protégeant derrière un paravent", a conclu celle qui entend rester une "femme debout". Au risque d'être battue lors du vote des militants. AP
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