«Il y a une très
bonne ambiance au sein de la majorité, a assuré la présidente. On avance et les élus sont très fiers de leur travail.»
Le clash en février dernier avec son vice-président Jean-François Fountaine sur le budget ? Oublié. L'opposition des Verts sur la
question de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) ? Évaporée. Les frictions répétées avec certains membres de sa majorité ? Volatilisées. Hier, c'est en capitaine d'une région qui
a trouvé « son rythme de croisière » que Ségolène Royal, la présidente de la région Poitou-Charentes, a donné le clap de fin de la dernière session du conseil régional avant les
vacances.
Peu avant cette ultime séance consacrée au compte administratif 2007, à la réforme de la formation professionnelle et à la recherche et le développement économique, Ségolène Royal a reçu la
presse régionale pour faire un bilan de l'action régionale de ces derniers mois, évoquer la bonne santé économique du Poitou-Charentes, les «succès électoraux» des dernières élections, ses
projets, son actualité et dire quelques mots sur les prochaines échéances qui attendent le Parti socialiste(PS).
«Il y a une très bonne ambiance au sein de la majorité, a souligné d'emblée la présidente. On avance et les élus sont très fiers de leur travail.» Des élus qu'elle veut «féliciter»: «Ils sont
capables de souplesse et d'adaptation.» Ségolène Royal reconnaît avoir été «volontairement dirigiste» depuis qu'elle a pris les rênes de l'exécutif régional en 2004. Une façon de dire que tout
n'a pas été facile mais que tout va mieux: «Il fallait fixer une feuille de route, définir les orientations. Maintenant je délègue, je suis même la présidente de région qui délègue le plus.» Une
appréciation qui, rapportée à certains élus de la majorité, fait sourire sans toutefois provoquer de déclarations dissonantes, signe en effet que «ça va mieux.»
Autre sujet de satisfaction pour Ségolène Royal, les «résultats spectaculaires» des élections municipales et cantonales. Elle y voit les «fruits de la politique régionale». «Qui aurait pu penser
que le maire de Cognac puisse être un socialiste?», savoure-t-elle avant de citer également les exemples d'Angoulême, de Niort, etc. «Il y a en Poitou-Charentes une forte lisibilité la politique
de la Région», ajoute la présidente qui se félicite également des «excellents chiffres» de l'économie régionale où elle voit aussi des signes de sa politique.
Et quand on lui demande les décisions les plus importantes qu'elle a prises, Ségolène Royal cite notamment «l'excellence environnementale, le microcrédit, le plan de développement des formations
professionnelles». Et elle ajoute «l'audace», comme son appel à projet pour un véhicule électrique à 5.000 euros.
«Un laboratoire d'idées qui fonctionnent»
La «réussite» de sa politique, Ségolène Royal imaginerait bien la reproduire à l'échelle nationale. «C'est vrai, le Poitou-Charentes est un laboratoire, mais un laboratoire d'idées qui
fonctionnent.» Et des idées c'est bien ce que la candidate au poste de premier secrétaire du PS au congrès de novembre a l'intention de décliner dans sa contribution, un texte qui fixe de grands
objectifs qu'elle doit rendre avant le 2 juillet prochain.
Sur ce point, la patronne de Poitou-Charentes reste discrète. Elle s'appuiera notamment sur les «contributions à la contribution» qu'elle a reçues de la part de plus de 3.000 personnes qui
pouvaient s'exprimer librement via un site internet: «Il en ressort deux grands axes: la nécessité d'une révolution démocratique et celle d'une nouvelle conception du parti.» Après la démocratie
participative, cette «révolution démocratique» entend redonner une place au citoyen avec «la garantie de l'écoute, de l'attention, de la décision juste». Quand au PS, Ségolène Royal veut qu'il
retrouve son unité: «Une équipe, une voix.»
Sa voix, Ségolène Royal, qui dit refuser actuellement toutes les sollicitations médiatiques, la fera entendre dans un livre qui sort dans les prochains jours. «Si la gauche veut des idées» est un
échange de points de vues avec le sociologue Alain Touraine: «Une analyse de la société en abordant de grands thèmes comme l'éducation, les réformes, la gauche...»
Quant à la campagne pour le poste de premier secrétaire, «elle débutera en septembre, pas avant»...
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La dernière session du conseil régional d'hier a été consacrée à trois dossiers. Le premier concernant le compte administratif pour
2007, le deuxième, la réforme de la formation professionnelle et enfin l'attribution du label « pôle régional de compétitivité » au pôle des éco-industries de Poitou-Charentes. En préambule de
cette ultime session, trois des membres du jury citoyen qui a planché fin avril sur l'action régionale contre le changement climatique sont venus à la tribune pour adresser plusieurs «bons
points» à la Région et « quelques remarques très utiles », selon Ségolène Royal.
Concernant le compte administratif, la présidente a indiqué qu'une économie de 15millions d'euros avait été réalisée par rapport au budget prévisionnel, signe selon elle « d'une bonne maîtrise
des dépenses - un euro dépensé doit être un euro utile - et une bonne tenue des recettes ».
Le plan de développement des formations professionnelles veut lui réaliser une carte des formations « équilibrée, cohérente en adéquation avec les besoins économiques de territoire ». L'objectif
est aussi de «développer l'attractivité» des établissements régionaux et d'« améliorer toutes les phases de la formation ». Un « compte formation universel régional » est même créé permettant à
chaque citoyen de disposer d'un « capital temps formation » lui permettant de se former tout au long de sa vie professionnelle.
Enfin la Région attribue donc un label à son pôle éco-industries pour selon Ségolène Royal « le rendre plus visible et compétitif au plan national et international ». Des décisions votées sans
souci.
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On a l'impression que Ségolène Royal ne parvient pas à retrouver les soutiens qu'elle avait reçus en 2006. N'y a-t-il pas un essoufflement
?



